Paradoxe de la compétence face aux systèmes de
classification.
Compétence-action et qualification
professionnelle.
Qu’est ce que la compétence-action?
C’est la compétence basée sur des
situations concrètes et chargées d’événements.
Cette compétence-action ne peut être un
référent pour le système de classification car il est trop mobile.
Pour établir de nouveaux systèmes de
classification, il faut partir sur la notion de qualification de l’individu et
non pas de l’emploi.
De même, il faut que cette
classification se base sur les éléments stables et durables des compétences.
Pour ce faire, on doit tenir compte des
savoirs généraux et professionnels de référence, ainsi que des compétences
d’arrière-plan permettant de les acquérir et de les solliciter.
Cette association constitue la
qualification professionnelle.
Pour quelle constitue une vraie mutation
du travail, il faut que pour l’individu, elle soit un appui social et cognitif,
une garantie collective, un encouragement à la mobilisation de sa compétence et
donc un bouclage entre mobilisation et compétence dans la qualification.
Importance de la qualification professionnelle.
La qualification professionnelle a pour
rôle d'établir une hiérarchie sociale, légitime et légale entre groupes de
salariés. Etant au centre des systèmes de classification, il faut prendre en
compte ses deux rôles qui sont la régulation sociale et cognitive.
La qualification professionnelle doit
donc être négociée et son contenu doit être public. Elle doit offrir un cadre
d’appui cognitif et comportemental crédible, pour conduire les considérables
mutations du travail et de l’organisation.
Conclusion: La question qui est d’actualité, est
de savoir comment articuler les exigences d’appartenance et de reconnaissance
sociales qui visent à assurer une certaine stabilité de la position des
individus dans l’espace de l’entreprise, se référent de plus en plus à des
niveaux de savoirs, avec celle des formes concrètes de la production qui insiste
sur l’instabilité inscrit dans l'engendrement d'un service utile.
1. Commentaires, Critiques et
Actualité de la question
Depuis plus de dix ans, un certain
nombre d'entreprises expérimentent le passage de la logique du poste de travail
à la logique compétence, chacune à sa façon et dans un domaine déterminé. Or
nous changeons manifestement d'époque.Il ne s'agit plus de poursuivre des
expérimentations isolées et souvent partielles, mais de développer la logique
compétence dans toute son ampleur et avec l'ensemble de ses effets.
Cette mutation est considérable. Elle
affecte, à terme, l'essentiel des pratiques de gestion des ressources humaines,
modifie les termes des relations professionnelles et des négociations dans les
entreprises, conduit à renouveler en profondeur l'approche des organisations.
Ce livre, par son ampleur de vue,
concerne de nombreux acteurs de l'entreprise, non seulement du côté de la
gestion des ressources humaines, mais aussi du côté des responsables de son
organisation et son fonctionnement opérationnel. Il remonte vers des enjeux qui
concernent directement aujourd'hui les partenaires sociaux et les décisions
gouvernementales, à l'heure où la logique compétence est en passe de se
généraliser. Le contexte économique auquel sont confrontées en ce début de
siècle les entreprises et les organisations est particulièrement complexe.
Cette complexité est liée pour
l'essentiel aux effets de la mondialisation des économies et à l'émergence des nouvelles
technologies. Ces changements majeurs affectent les choix stratégiques des
entreprises, les configurations organisationnelles et interrogent la nature du
travail humain.
Dans cette optique la thèse de Philippe
Zarifian apporte une réponse à la question '' en quoi consiste le travail ''.
Le travail d'aujourd'hui consiste à se confronter à des événements pouvant se
produire de manière aléatoire, imprévue et venant troubler le fonctionnement
normal d'une usine automatisée. Ces événements sont constitués par des
problèmes de qualité, respect de délais, des pannes ou encore des réclamations
clients. De ces considérations, il est nécessaire de mobiliser les compétences
de chaques individus pour que le travail humain permette de faire face à ces
événements en termes de réactivité, d'ingéniosité, d'innovations etc.
Au terme de cette analyse, le livre de
Philippe Zarifian constitue un bon support et une contribution décisive à la
clarification du concept de compétence.
A la fin de la lecture de ce livre, chaque
lecteur, qu'il soit homme de l'entreprise, universitaire ou fonctionnaire
viscéralement anti-universitaire du ministère du travail, aura compris que la
"logique compétence" ne s'oppose pas à la "logique diplôme"
mais à la logique "poste de travail" dans l'entreprise.
Il aura compris aussi que cette
"logique compétence" implique une prise en compte de la
"qualification professionnelle du travailleur" face à la
"qualification de l'emploi", ce qui amène déjà et amènera des
changements de plus en plus importants dans l'organisation du travail, la
gestion des ressources humaines, et les systèmes de classification.
Il aura compris enfin que les systèmes
de formation doivent s'organiser autour du développement des "compétences
d'arrière-plan" qui valorisent les connaissances acquises par l'apprenant
et en facilitent l'acquisition.
En conclusion, ce livre reflète bien la
conjoncture actuelle des entreprises. La chronologie des différentes mutations
du travail est correctement relatée dans ce livre. Il permet donc une bonne
compréhension de l'emergence de la compétence. De plus l'auteur argumente les
différents points abordés par de nombreux exemples. Néanmoins, dans certains
chapitres il est difficile de suivre l'auteur de part ces redites.
Cours B1 "Théorie des organisations " Le
28 janvier 02 THIERRY CHAIZE
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