Plusieurs défauts à ce
mode de fonctionnement :
Celui-ci fait appel à
la quantité et ne répond pas forcement à l’attente du client.
L’entreprise ne
possède pas la connaissance de l’utilisation du produit et son positionnement
sur le marché face aux concurrents.
Ces problèmes
engendrent de nombreux dysfonctionnements au sein de la structure de
l’entreprise, notamment entre les collectifs, car objectifs et critères sont
divergents suivant les services.
La
logique de réponse aux usagers : (la co-évaluation des effets utiles)
Cette notion
correspond le mieux au travail moderne en intégrant totalement la notion de
service. Dans cette logique le critère de productivité émane de la
compréhension des problèmes, de la faculté d’écoute ainsi que de l’adaptation
de la réponse. Celle-ci nécessite une information fiable et la connaissance en
besoins des usagers.
La logique de
placement commercial et la logique de réponses à des usagers trouvent leur
équilibre en gérant le débit, sans compromettre la qualité de service.
Travail
et compétence.
La compétence n’est
pas une négation de la qualification. C’est au contraire la pleine prise en
compte de sa valeur, dans les conditions d’une production moderne. On se
démarque d’une vision taylorienne ainsi que de l'unité théâtrale que
l’industrialisme avait installée.
Travailler, c’est
tenir compte des compétences individuelles. C’est une insertion dans des
processus de socialisation, c’est mettre en communication un ensemble de
compétences individuelles.
Changements
dans les organisations du travail : (première approche)
· Organisation
cellulaire : apparition dans les années 50.
Elle se base sur le
regroupement en petites équipes "monométier" possedant une grande
autonomie. Cette organisation permet un contrôle par objectifs/résultats.
Ces avantages sont:
· Une réactivité accrue par rapport aux
évènements.
· Un approfondissement des connaissances
sur un segment de production.
· Elle stimule la compétence individuelle
à partir de la compétence collective.
Ces inconvénients
sont:
· l’entreprise peut améliorer les
performances locales sans être performante dans son ensemble
· Ne facilite pas l’interaction entre
différentes cellules.
· Elle enferme les différents métiers sur
eux-mêmes.
· Organisation en
réseau : cette méthode prend en compte les besoins d’organisation
transversale, communs à plusieurs métiers pour permettre une performance
directement globale de l’entreprise. Elle est la solution aux problèmes
rencontrés dans l’organisation en cellule.
Elle a pour principe
l’association des équipes différentes au sein d’un même réseau de travail, en
visant un type particulier de clientèle, et l’accent est mis sur la
responsabilité de chaque équipe vis-à-vis du résultat d’ensemble. L’objectif
est d’animer les interactions entre équipes et de gagner en performance grâce à
la structuration systématique d’une communication inter-équipes et
inter-métiers.
Cette méthode comporte
aussi certaines limites et difficultés :
· Objectifs abstraits et éloignés des
possibilités des équipes
· Risque de tensions et de désaccords en
cas de coresponsabilité non définie entre les différents métiers.
· Organisation en
projets :
Le but est de réunir
des personnes "multimétiers" autour d’un projet d’innovation qui aura
été prédéfini, en terme d’objectif de durée de vie. Son avantage est de
focaliser les compétences et l’investissement des membres du projet.
Organisation
du travail et compétence : (première approche)
L’organisation ne
porte plus sur les opérations de travail mais plus sur les objectifs et les
résultats. A partir de ces critères, il est permis de compter sur l’initiative
de l’individu et sur la manière dont il va interagir sur les objectifs.
Instabilité
et ambivalence de ces mutations.
Chaque caractéristique
des mutations vue précédemment peut trouver son inverse.
Ainsi les mutations
seront orientées dans un sens ou dans l’autre. Les enjeux de la logique
compétence s’appliqueront suivant la manière dont les choix seront conçus et
appliqués.
1. La Compétence : définition, enjeux et
difficultés.
Quelle définition?
Portée et limite de la
définition donnée par le MEDEF (ex : CNPF) " la
compétence professionnelle est une combinaison de connaissances, savoir-faire,
expériences et comportements s’exerçant dans un contexte précis. Elle se
constate lors de la mise en œuvre en situation professionnelle à partir de
laquelle elle est validable. C’est donc à l’entreprise qu’il appartient de la
repérer, de l’évaluer, de la valider et de la faire évoluer. "
Cette définition
permet de dire qu’à partir de l’activité réalisée, on pourra évaluer les
compétences mises en œuvre par l’individu. La compétence appartient à
l’individu. Pourtant cette définition possède de nombreuses limites:
· Celle-ci est applicable dans n’importe
qu’elle organisation à n’importe quelle époque de part sa neutralité en terme
d’enjeux de mutations du travail et des organisations.
· Elle fait l'impasse sur ce que sont les
conditions d’une production moderne. ( réseaux d'acteurs, dimension collective,
évaluation par les performances )
· Dans la définition, on oublie que la
validation des compétences est une notion interdépendante de celle des
connaissances. Ces connaissances doivent être développées.
Proposition
de définitions :
· " La
compétence est la prise d’initiative et de responsabilité de l’individu sur des
situations professionnelles auxquelles il est confronté "
Cette
définition porte sur plusieurs aspects, notamment celui de la prise d’initiative
qui émane d’un individu possédant des capacités d’imagination et d’invention.
Cet individu est donc capable d’adapter une réponse face à un évènement.
Cette prise
d’initiative a pour action de pouvoir modifier l’existant. Face à cette prise
d’initiative, l’individu prend des responsabilités, car en adaptant la réponse
à un évènement, celui-ci va influer sur les conséquences de cet évènement.
De plus, le
comportement d’un individu n’est pas prescriptible, donc nous ne pouvons pas
isoler la situation de l'individu qui l’affronte.
· " La compétence est une
intelligence pratique des situations qui s’appuie sur des connaissances
acquises et les transforme, avec d’autant plus de force que la diversité des
situations augmente "
Cette seconde approche
insiste sur la dynamique d’apprentissage qui est essentielle dans la démarche
compétence. Elle fait appel à l’intelligence de dimension cognitive, ce qui
signifie que pour pouvoir intervenir face à un évènement, il faut la
connaissance du produit. La seconde dimension est de forme compréhensive, c’est
savoir apprécier et comprendre une situation. Les connaissances acquises sont
dépendantes du nombre d’évènements auxquels a été confronté l’individu et de
l’expérience qu ‘auront apporté ces différents évènements. A noter que
face à des événements des plus variés, l’individu sera plus réactif en terme
d’apprentissage.
· " La compétence est la
faculté à mobiliser des réseaux d’acteurs autour des mêmes situations, à
partager des enjeux, à assumer des domaines de coresponsabilités "
Cette troisième
approche fait appel à la mobilisation de plusieurs acteurs face à un même
évènement. L’évènement n’est plus vu à partir d’un seul individu. Mobiliser les
individus face à un évènement, c’est permettre d’avoir un éventail de
compétences ( que ne possède pas forcement un seul individu) afin de mieux
répondre à cet évènement.
A partir de cette
signification, on voit apparaître le développement de l’organisation du travail
transverse. Néanmoins, les échanges de compétences ne seront effectifs que si
les enjeux peuvent être partagés.
Autre constat: Dans le
cas de sollicitation des réseaux d’entraide et d’interventions communes autour
des mêmes situations, il sera judicieux d’associer responsabilité personnelle
et coresponsabilité. Par exemple, une équipe de travail saura définir les
objectifs dont elle doit collectivement répondre, et personnaliser les
engagements de chacun en relation avec les objectifs.
Quels
enjeux sociaux et difficultés ?
Un
changement profond d’attitude sociale de la part des opérateurs.
Prendre des
responsabilités, c’est prendre des risques en terme de jugement d’évaluation
sur les résultats des domaines de performances.
Cette non prise de
responsabilité est visible dans des systèmes d’organisation taylorienne. Les
opérateurs sont réticents à cette prise de responsabilité qui les exposeraient
à des risques d’échec et des mauvaises évaluations de la hiérarchie.
Quel intérêt les
salariés concernés auraient-ils à adopter une attitude sociale engageante
vis-à-vis des performances de l’unité ou de l’entreprise où ils travaillent, et
à s’exposer publiquement sur leurs propres compétences, à révéler leurs
éventuelles faiblesses ou carences?
Pour permettre aux
salariés de pouvoir franchir le pas, il faudrait que l’encadrement modifie son
comportement en définissant une véritable délégation de confiance et non pas un
développement de contrôles latéraux.
Savoir
se remettre en question et voir autrement les acquis de l’expérience.
Accepter de prendre
des responsabilités, c’est accepter de se remettre en question. C’est aussi se
confronter à des problèmes nouveaux qui vont permettre un apprentissage et
l’acquisition d’expérience face aux divers évènements et problèmes rencontrés.
Avant d’acquérir une
certaine expérience, l’individu va passer par une phase délicate qui sera de
paraître incompétent.
L’insertion
de la responsabilité dans la coresponsabilité.
De part les objectifs
et les performances à atteindre, la prise de responsabilité ne peut être qu’une
prise de responsabilité collective.
On peut noter
plusieurs risques par rapport à cette situation :
En premier lieu,
malgré une responsabilité collective, on constate souvent que c’est un seul
individu " chef d’orchestre " sur lequel repose les
responsabilités.
On retrouve là
l’ancien schéma des organisations qui montre la déresponsabilisation des autres
opérateurs de l’équipe.
Le deuxième risque,
qui n'est pas des moindres, est de developper une auto marginalisation et une
auto exclusion au sein d’une même équipe autonome.
Ce phénomène va
apparaître lorsque le niveau d'un individu (comportement ou niveau de
connaissance) ne sera pas égal à celui du groupe.
Pour éviter ces
risques, il est important de définir la logique de coresponsabilité autour des
engagements collectifs et objectifs communs.
La
stabilité de l’emploi et l’identité. " hors entreprise "
De nos jours, l’une
des préoccupations majeures pour les salariés est la stabilité de l’emploi. Ce
constat montre une diminution notable de la mobilité interentreprises. De même,
l’individu s’identifie de manière moins affective à l’entreprise dans laquelle
il évolue que par le passé.
De part les risques
d’instabilité de l’emploi, on note que les individus prennent de moins en moins
de responsabilités au sein de l'entreprise, sauf dans le cas où cette
responsabilité porte sur leurs attraits personnels, et si par leur implication,
ceux-ci peuvent se projeter dans la durée au sein de l’entreprise.
La compétence ne
s’obtient pas dans un climat de forte insécurité. Dans ce cas, on n'obtient que
la servilité.
Qu'apporte la nouvelle
logique compétence?
Il appartient à
l’entreprise de clarifier ses choix, car elle ne peut jouer à la fois la carte
du développement, de la mobilisation et de la valorisation des compétences et
établir ses coûts de productivité au détriment de la considération des
salariés.
Règles
du jeu et rôle de l’encadrement.
Le
changement des règles du jeu
Pour que les
opérateurs prennent des responsabilités et des initiatives, il faut de la part
de la hiérarchie un mode de contrôle défini.
Ce mode de contrôle
doit porter sur la réalisation des engagements plutôt qu’un contrôle de
résultat, car ce dernier peut être modifié en cours de route en fonction de
l’environnement.
De ce point de vue,
les salariés ne pourraient être jugés par des critères dont ils ne sont pas
responsables.
En d’autres termes,
changer les règles du jeu signifie :
· Offrir la possibilité
de donner sens aux objectifs de performances de l’entreprise en faisant fond
sur les enjeux que cette entreprise doit affronter.
· Définir les
engagements réciproques et clarifier les modes de contrôle de ces engagements.
· Pratiquer la
délégation de confiance en réciprocité à la prise de responsabilité.
Le
problème de la reconnaissance.
La reconnaissance de
l’effort doit s’opérer pendant l’action. De ce fait, elle permettra au salarié
de prendre conscience que la mobilisation de ses compétences est reconnue.
Cette reconnaissance sera pour le salarié un soutien ainsi qu’une prise en
considération de sa créativité et de sa prise d’initiative.
Le
problème de la " juste distance "
Le principe de base
consiste à déterminer la distance idéale à respecter entre encadrement et
salariés. (le juste milieu)
Trop près des
salariés, l’encadrement étouffe la prise d’initiatives.
Trop éloigné des
salariés, l’encadrement paraît effacé face aux problèmes rencontrés par les
salariés. (aucun soutien, aucune reconnaissance)
Conclusion :
les différents cas évoqués précédemment montrent qu’il est difficile et délicat
d’établir une démarche compétente. Néanmoins, c’est au travers de changements
des relations sociales et de fonctionnements organisationnels nouveaux que la
définition de la compétence apparaît. (prise de responsabilité et prise
d’initiative)
1. Compétence,
performances et organisation.
Effets de la mise en œuvre des
compétences professionnelles sur les performances productives.
L’entreprise est
confrontée à des enjeux productifs stratégiques selon le type de produit et de
marché.
Clarifier les enjeux
stratégiques est pour l’entreprise primordial. Pour ce faire, elle doit assurer
le lien entre enjeux stratégiques et mobilisation des compétences pour que
chaque acteur connaisse son rôle.
Pour établir ce lien,
il est nécessaire de cerner " la visibilité des enjeux
stratégiques "
· Visibilité, pour déterminer les grands
domaines de compétences que l'entreprise entend privilégier.
· Visibilité quant à l’orientation du rôle
de l’encadrement. (expliquer le pourquoi plutôt que le comment faire)
· Visibilité pour chaque salarié de
pouvoir connaître son rôle et sa place face aux enjeux stratégiques.
Lien
entre performance locale et performance globale.
Etre compétent, c’est
probablement agir localement, en ayant le souci et la vision des effets
globaux.
D’où l’importance de
pouvoir définir et situer les effets sur la performance globale d’une action
locale.
La
capacité à arbitrer et décider :
Etre compétent, c’est
manifester la capacité à arbitrer une situation concrète et faire des choix.
Mais ce type d’arbitrage suppose : que les salariés connaissent la
stratégie de l’entreprise, qu’on reconnaisse le droit des salariés à pouvoir
juger des situations et prendre les décisions, qu’ils puissent avoir un certain
recul pour opérer l’arbitrage.
Une organisation
réactive est une organisation qui sait décentraliser la prise de décision,
rapprocher la décision de l’action et donc laisser une large autonomie aux
salariés de base dans la réalisation des arbitrages.
L’amélioration
continue et les démarches de progrès.
Pour utiliser au mieux
la logique compétence, il faut avoir une vision dynamique de la relation entre
compétences et performances. Cela implique une modification constante dans la
manière de travailler afin de l’améliorer. Celle-ci étant à la base des
performances économiques
Relations
entre compétence, performances et valeur.
L’autonomie
centrée sur la valeur économique.
L’activité
professionnelle est génératrice de valeur économique pour l’entreprise et de
valeur sociale pour le salarié.
La production de cette
valeur économique se réalise à partir de l’optimisation de l’usage des
ressources et dans la production de service. Il faut aussi compter sur
l’autonomie d’action de l’individu.
Cette autonomie est un
engagement de l’individu pour améliorer la valeur produite.
La manière de trancher
avec une production taylorienne est d’articuler la mobilisation des compétences
autour de deux axes qui sont autonomie et offre de service.
La qualité du service
aux clients-usagers, la fiabilité des systèmes techniques et la qualité des
enchaînements entre processus et travail sont des facteurs importants dont
dépendra la production de valeur économique.
Les
compétences comme créatrices de nouveaux champs de valeur.
La réunion de
compétences humaines autour de nouveaux projets permet une émergence de
nouveaux besoins. Ceux-ci génèrent de nouvelles sources de valeur.
La
compétence comme comportement ouvert sur l’innovation.
La relation entre
compétence et création de valeur fait apparaître la plasticité des compétences.
C’est-à-dire la capacité de se transformer en fonction des opportunités et des
changements professionnels.
En parlant d’ouverture
du métier, on éloigne la logique compétence de la logique du métier.
Le risque pour de
nombreuses entreprises encore basées sur le modèle de métier, c'est de passer à
côté de nouvelles opportunités, d'émergences nouvelles dans les besoins et les
usages.
Compétence
professionnelle et organisation du travail.
De
la polyvalence à l’espace de la compétence.
La logique compétence
dans l’espace d’action d’un individu détermine la polyvalence d 0/10 sur 0 vote