De F à J

FORDISME :

Le fordisme désigne tout d’abord un mode d’organisation du travail impulsé par l’industriel Henry Ford (1863 – 1947) au début du XXe siècle. Pour construire ses automobiles dans ses usines de Detroit, H. Ford introduits trois innovations fondamentales : la standardisation des produits, la chaîne d’assemblage et une politique de hauts salaires. La standardisation est une grande nouveauté à une époque où la plupart des automobiles sont produites sur commande par de petits ateliers autonomes. La standardisation va permettre l’invention d’un nouveau mode d’organisation du travail : les chaînes de montage où les automobiles sont montées en série.

 L’instabilité des ouvriers étant extrêmement importante à l’époque (de nombreux ouvriers immigrés ne faisaient que passer quelques mois dans ces usines), H. Ford, pour fixer un noyau de travailleurs stables, indispensables à une production régulièrement croissante, double les salaires. La conséquence en fut le considérable accroissement du pouvoir d’achat des ouvriers, puis de tous les salariés. 

  Par extension, le terme « fordisme » a été proposé par les « économistes de la régulation » (dont Michel Aglietta et surtout Robert Boyer sont les chefs de file) pour désigner un mode de production et de consommation qui a prévalu dans les grands pays industrialisés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce « mode de régulation » est fondé sur le couple production de masse/consommation de masse. La production de masse repose sur les techniques nouvelles (machines-outils, transports, mécanisation du travail), l’organisation du travail (parcellisation des tâches et lignes de montage) et la standardisation des produits. La consommation de masse est permise par une politique de revenu stable due à l’Etat providence qui redistribue les revenus, et un rapport salarial où les négociations collectives tiennent une grande place.

A partir des années 70, les théoriciens de la régulation vont diagnostiquer la crise du modèle fordiste, dont la crise économique qui débute en 1973 n’est qu’un des effets. La recherche de nouveaux modes d’organisation du travail et de régulation économique va alimenter la littérature socio-économique importante sur le thème du « postfordisme ».

GROUPE :

Ce terme est vide de sens tant il peut s’appliquer à des ensembles différents par leur taille, leur durée, leur degré d’interconnaissance et d’organisation. Le seul point commun aux divers usages du terme est qu’il désigne plus d’un individu. Pour explorer le champ sémantique du mot groupe, il faut passer par une série d’oppositions.

L’une, traditionnelle, distingue les groupes primaires des groupes secondaires. Le groupe primaire a été défini par C. H. Cooley comme une association relativement permanente et non spécialisée d’un nombre restreint d’individus unis par des relations directes (« face-à-face ») et assez intimes. La famille en est le prototype, mais on peut aussi y inclure le groupe de travail, de voisinage ou la bande de camarades d’école. Cooley ne fournissait aucune précision sur le groupe secondaire que l’on caractérise généralement, par contraste, comme un groupement plus nombreux, relativement spécialisé, de personnes ayant des relations indirectes entre elles.

Une autre distinction importante oppose le groupe nominal, simple catégorie de personnes ayant une caractéristique commune (tel âge ou tel revenu par exemple) au groupe réel et organisé, conscient de ses intérêts communs (syndicat), avec, entre ces deux extrêmes, toute une gamme de groupes virtuels ou semi-organisés.

IDENTITE AU TRAVAIL / IDENTITE PROFESSIONNELLE :

La notion d’identité est utile en sociologie si elle s’écarte de la tradition psychologique et aide à penser les relations entre les catégories sociales légitimes (statuts sociaux ou professionnels) et les représentations subjectives que se font les individus de leurs positions sociales. Elle permet de comprendre les sentiments d’appartenance, mais aussi de décalage ou d’exclusion. Couplée à la notion de socialisation, elle s’efforce de saisir les trajectoires sociales dans leur double dimension subjective, dans leurs transformations successives et dans leur multidimensionnalité.

La notion d’identité a ainsi été notamment utilisée pour analyser les conduites ouvrières. Comme processus conjoint d’identification et de différenciation, l’accès à l’identité se joue sur le double registre des sentiments affectifs et du pouvoir social. L’identité se traduit à la fois par le sentiment d’appartenance à un ou des collectifs dans lesquels l’individu est socialement reconnu, la possibilité de se distinguer en construisant la différence, la capacité de conférer un sens durable à l’expérience vécue.

 

 

 

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