Emile DURKHEIM

 

Emile Durkheim (1858-1917) : le sociologue du fait social.

 « Comme tout classique, Durkheim est d’abord, dans une large mesure, un représentant de son temps. Sa doctrine porte témoignage de l’époque où il vécut, celle de la IIIème République, de la laïcisation de notre enseignement public, des progrès de la grande industrie et du développement des sciences humaines. De sorte qu’on pourrait appliquer à ses conceptions ce qu’il disait lui-même des travaux des pédagogues : ce ne sont pas des modèles à imiter, mais des documents sur l’esprit du temps. »

 

 Maurice Debesse, in Préface à E. durkheim, Education et Sociologie, 1922, PUF, Quadrige, 1993, P.6.

 

 

 Emile Durkheim est élevé selon la religion juive. Suivant une longue tradition familiale, il fréquente d’abord l’école rabbinique, mais il l’abandonne pour entrer au collège d’Epinal. C’est une éducation austère où dominent le goût pour l’étude et la morale rigoureuse.

 1879. Il est reçu à l’ENS, un vivier où il côtoie les plus grands esprits de l’époque, tant du côté des professeurs que celui des élèves. Il s’y lie d’amitié avec Bergson et Jaurès.

 1882. Il réussit l’agrégation et commence en province une carrière de professeur de philosophie. Parallèlement il se passionne pour les sciences et travaille sa thèse doctorale.

 1885. Il bénéficie d’un congé d’étude d’un an en Allemagne d’où il tire deux articles sur la philosophie et la science positive de la morale allemande (Revue de philosophie, 1887).

 1886. Il achève sa thèse. On y trouve déjà l’essentiel de ses idées. Réformiste social, dans une optique intégrationniste, il trouve ses références chez Comte, Saint Simon, Spencer, Espinas, Schäffle ou Tönnies. Il traite des « rapports de la personnalité individuelle et de la solidarité sociale » et y expose sa théorie de l’évolution des sociétés à « solidarité mécanique » vers celles à « solidarité organique ».

 1887. Louis Liard, directeur de l’Enseignement Supérieur, remarque son idéalisme républicain et son combat pour une morale séculière. Il fait crées à l’université de Bordeaux, spécialement pour lui, la première chaire de sciences sociale. Durkheim est donc nommé chargé de cours en « sciences sociale et pédagogie ». Le qualificatif « pédagogie » est justifiée par la foi de Durkheim en la vertu de l’éducation comme facteur d’intégration sociale.

 1893. Sa thèse est publiée sous le titre : De la division du travail social.

 1895. Les règles de la méthode sociologique.

 1896. Il rassemble un groupe de collaborateurs qui se répartissent un travail de compte-rendu des divers travaux qui se font en sciences sociale.

1897. Le suicide, Etude de sociologie.

 1898-1913. Paraît L’année sociologique, un volume annuel d’articles et de recensions. Son renom devient vite considérable. La revue et l’équipe de collaborateurs réunis autour de Durkheim constituent ce que l’on appelle l’école française de sociologie, une structure souple et dynamique, dont la richesse exceptionnelle, jusqu’à la seconde guerre, n’aura d’égale qu’aux Etats-Unis.

 1902. Il est nommé à la Sorbonne sur un poste de « sciences de l’éducation » en remplacement d’un autre partisan de la laïcité. Ses cours portent sur le famille, le suicide, la criminalité, le droit, l’histoire de la sociologie, la pédagogie et l’éducation. Mais la morale reste sa principale préoccupation. La partie « pédagogie » de son enseignement est très importante, elle est obligatoire pour tous les étudiants candidats à l’agrégation. Dans son ouvrage, L’évolution pédagogique en France, il présente le système éducatif comme un instrument idéologique dont les classes dirigeantes se disputent le monopole.

 1906. Il est nommé professeur.

 1912. L’intitulé de sa chaire devient « Science de l’éducation et sociologie », c’est la consécration suprême car il s’agit de la première chaire de sociologie en France, il publie Formes élémentaires de la vie religieuse et Le Système totémique en Australie.

 1914. Avec l’assassinat de son ami Jean Jaurès, la guerre vient briser tous ses espoirs dans le triomphe de la moralité et de la rationalité.

 1915. Il est psychologiquement brisé par la mort de son fils sur le front de Salonique avant même d’avoir achevé le parcours du normalien dans lequel son père mettait tant d’espoir.

 1917. Il meurt à 59 ans.

 

 

 « L’idée centrale de Durkheim sera de constituer une connaissance scientifique des êtres humains en vue d’établir la nouvelle morale civique, libérale et séculière devant être enseignée dans les écoles du pays. »

 

 

 J.A. Prades, Durkheim, PUF, Que sais-je ?, 1990, p.7.

 

 

 

 

 

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